La vie SDF au Luxembourg

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Actualité.


02.09.2020   Société   Si un SDF passe toute une après-midi avec son gobelet de manche au plein centre de Luxembourg-ville (le jour de la braderie, donc, en dépit du Covid-19, avec plein de monde, qui passe devant lui) pour collecter l'argent nécessaire pour acheter 2 paquets de cigarillos et un pain et le soir, quand il rentre dans son squat, a bien ces Agio (en fait, uniquement parce qu'un monsieur qui me commaît du temps, où je dormais devant la bijouterie sur la place d'Armes, m'a donné 5 euros), mais au lieu du pain, doit se contenter d'une baguette, cela, bien-sûr, ne dit pas tout sur ce pays et ces citoyens. Mais, quand-même, et surtout si je compare avec les années passées et d'une année à la suivante, je pense qu'on peut dire que la direction, dans laquelle évolue notre société, est bien claire: des êtres humains, qui perdent de plus en plus tout sentiment humain, qui se transforment les uns après les autres en robots sans âme, le moindre acte d'aide à autri étant considéré comme quelque chose de perdu pour eux-mêmes, le moindre moment consacré aux autres comme une perte de leur propre temps. Pauvres enfants, qui devront grandir et vivre dans ce Luxembourg hyper-moderne, exclusivement pour les forts et les riches et où il deviendra normal de laisser crever son voisin devant ses pieds, sans aucune réaction.

05.06.2020   Société   Fin de la période de confinement depuis quelques semaines et peu à peu la vie normale reprend. Vu le nombre de jeunes, qui traînent autour de mon squat pour avoir un endroit en cachette pour fumer leurs joints, ils ont bien dû souffrir durant les 2 derniers mois. Et plus encore, ces vieux, qui ne pouvaient pas se renconter sur les terrasses des cafés et boulangeries pour boire leur bière ou bouffer leurs gâteaux, se vanter de leur fric, de leurs vacances de luxe et de l'université ou emploi important de leurs enfants. Des préjugés primitifs et des insultes envers moi, tout comme avant le virus. Est-ce que c'était vraiment la bonne option de faire perdre des millards à l'économie mondiale, induire la faillite de milliers d'entreprises, mener dans la pauvreté des millons de gens, pour protéger cette génération, qui semble ne pas être capable de se trouver une occupation sensée, qui passe toute la journée à râler de tout et de tout le monde, qui ne connaît qu'arrogance, fausseté, jalousie et haine envers tous ceux, qui ne sont pas comme eux? Grotesque, en tout cas, d'observer les écoliers avec leurs masques, depuis l'école jusqu'à la gare et les gardant sur les quais en attendant le bus, tandis que ceux, qui sont réellement concernés par le Covid-19, n'en mettent que là, où autrement ils ne pourraient pas entrer, le tout en se plaignant, en grognant contre ceux qui ont établi les règles d'hygiène et contre la police, quand elle essaie de les faire appliquer! On entend souvent, qu'une chose que les adolescents pourraient apprendre des vieux, ce seraient la politesse et le respect. Mes expériences montrent le contraire. Beaucoup de jeunes, y compris les fumeurs de joints, me saluent, tandis que la plupart des vieux (luxembourgeois) me regardent plein de mépris ou de haine et font des remarques dégoûtantes. La seule chose, qu'ils respectent vraiment, c'est leur porte-feuille. Et puis, est-il vraiment adéquat de respecter des gens, qui se croient tellement supérieurs aux autres, qui condamnent tous ceux, qui sont différents d'eux et qui ont créé cette société sans sentiments humains, dans laquelle on peut facilement s'imaginer, que si de plus en plus de jeunes sont accros à l'alcool, le cannabis, des médicaments et drogues diverses, c'est pour fuire une réalité, qui devient de plus en plus insupportable à vivre. Le corona-virus était une chance pour mettre en question notre société ultra-libérale et nous-mêmes, pour changer une évolution, qui ne peut que mener vers le désastre. Nous l'avons manquée! Peut-être il aurait fallu un virus maintes fois plus virulent, pour que les gens commencent enfin à comprendre...

26.03.2020   Société   Je ne sais pas ce que le mot «solidarité» signifie réellement pour le grand-duc Henri, ni ce qu'il fait dans cette situation particulière due au corona-virus pour se montrer solidaire avec les citoyens de son pays. Je ne sais pas non plus, sur quoi l'Essentiel se base, pour écrire tous ces beaux articles, racontant ces belles histoires d'entre-aide des gens. Peut-être juste écrivant ce que les lecteurs veulent lire (et donc normal d'avoir ignoré l'article que je leur avait envoyé) et ne pas mentionnant les réalités négatives? En tout cas, je n'ai rien remarqué de solidarité, bien au contraire. Les gens sont de plus mauvaise humeur encore que d'habitude, se parlent encore moins que dans les temps normaux, chacun faisant son chemin, croisant les autres à un ou deux mètres d'écart, sans méme leur dire bonjour. Et ce matin, quand j'ai gentiment demandé à une dame, si je lui donnais 2€, elle pourrait m'acheter un café à la boulangerie, où elle était en train de payer ses croissants avec la carte bancaire, à laquelle ceux, qui sont considérés ne pas faire partie de la société, n'ont pas de droit, juste un regard indigné et un bref «non!». Une société profondément malade, que même le corona-virus ne pourra pas guérir!

23.03.2020   Streetlife   Le corona-virus a bouleversé la vie habituelle de nous tous et, comme toujours et partout, ce sont les plus faibles, pour qui la nouvelle situation cause plein de nouveaux problèmes. Pour moi personnellement, fini le petit déjeuner chez Fischer, avec la possibilité de recharger mon laptop et d'utiliser l'Internet gratuit pour travailler sur mon site Web. Toutes ces places, où je pouvais allé pour me rechauffer un peu ou avoir un café gratuit, fermées et dans les boulangeries, l'argent n'est plus rien d'autre que du papier et du métal sans valeur. Pas de raison pour me plaindre, cependant: Mon squat n'est pas si différent d'un vrai logement (en plus, avec la fermeture des écoles, j'y suis tranquille toute la journée) et il y a ce monsieur très aimable et gentil (grand merci à lui!), chez qui je reçois de l'eau bouillante pour mon thermos et où je peux brancher mon ordinateur au courant deux fois par jours. Mais, qu'en est-il de ceux, qui «vivent vraiment dans la rue»? La Stëmm vun der Strooss fermée, mais distribuant de la nouriture devant la porte: bonne chose! Par contre, les bistrots sociaux (Streetwork Uewerstad et, je suppose, le Courage aussi) sont fermés: plus de possibilité de passer quelques moments au chaud, plus de possibilité d'avoir un café ou une soupe durant la journée. Aucune idée, si Streetwork continue à faire ses rondes dans les rues, peut-être en a augmenté la fréquence, mais pas à exclure que c'est le contraire. La police semble tolérer la manche, mais, avec des rues presque désertes et les gens pressés de rentrer chez eux, les dons devraient avoir fortement diminués. D'après ce que j'ai lu dans un article du Tageblatt du 21.03.20, la WAK continue à fonctionner normalement (de toute manière elle fermera le 31 mars): et les dortoirs au Findel et le restaurant à Bonnevoie semblent être ouverts. Alors que les nights-shelters de la Caritas et de la Croix-Rouge ont été fermés. Typiquement Grand-duché de Luxembourg, on pourrait dire: garantir le fonctionnement d'un endroit, fréquenté à 80% par des non-résidents (parmi lesquels, tous ces «socio-touristes», qui sont venus expressément au pays pour passer l'hiver ici, profitant des structures financés par le Ministère de la Famille), tandis que ces places, où les SDF locaux pouvaient passer la nuit (sans devoir avoir peur d'être volés ou tapés) sont considérés être un risque pour la propagation du virus...

25.02.2020   Streetlife   Le Luxemburger Wort a bien eu raison d'écrire que la vie des SDF au Luxembourg devient de plus en plus difficile, mais ils ont eu tort de couper la comparaison avec l'Allemagne nazie. La perversité malade, naissant de l'idée d'être plus que les autres, de la jalousie et surtout d'une haine de plus en plus grande contre tous ceux, qui ne sont pas comme eux, associé avec de plus en plus de plaisir de voir souffrir et de faire mal à autrui, a infecté de nombreuses gens d'ici de la même manière, qu'elle avait infecté ceux, qui, quelques ans plus tard, seraient à l'origine de la plus triste période de l'histoire de l'humanité. Voler son matelas et son sac de couchage à un sans-abri en plein hiver (et 2 jours plus tard, remplir d'eau le sac, qui lors du vol était à un autre endroit), qu'est-ce autre chose qu’intentionnellement le faire souffrir, qu'est-ce autre chose que n'avoir aucun scrupule de lui causer des lésions sérieuses par le froid, à la limite même le tuer? Si quelqu'un, qui lit ce texte, a une idée, qui à Echternach pourrait me haïr autant, merci de me contacter. Juste pour savoir à quoi ressemblent des gens, qu'une haine entièrement irrationnelle et, comme il semble, sans limites, arrive à faire tomber si bas... Dieu merci, qu'au Luxembourg, les clochards ne sont pas considérés faire partie de ceux, qui s'appellent des êtres humains!

08.02.2020   Streetwork   «Elle ne reviendra plus. Elle cherche un autre emploi», les éducatrices m'ont dit en janvier et, il y a quelques jours, j'ai entendu dire que la Croix-Rouge aurait désigné son successeur. Avec la démission (volontaire ou non?) de M. en tant que responsable de Streetlife Uewerstad, je pense qu'on peut dire que le M. container a arrêté d'exister et qu'il faut bien craindre que cette institution aussi finira par pouvoir être ajoutée à la liste de celles, qui, dans l'intérêt des gens honnêtes, vaudrait mieux être fermée. Bien-sûr, le nouveau responsable mérite une chance. Mais, premièrement, les gens, qui travaillent dans le social au Luxembourg et qui prennent leur travail juste un tout petit peu au sérieux, sont extrêmement rares. Deuxièmement, essayer de tourner la roue en arrière, est presque toujours voué à l'échec. Et, on peut bien dire que la réalité de tous les jours du M. container sans M. a, en ces quelques semaines, entièrement changé: Les éducatrices ne sortent plus de leur bureau que pour aller faire pipi, fumer une cigarette ou se chauffer leur bouffe; l'odeur de la fumée de joints directement devant la porte du conteneur; les polonais et les hongrois, se remplissent de vodka à l'intérieur, où d'après les règles, les alcools forts sont interdits; les clients peuvent mettre leur musique, sans que quelqu'un les dérange et si M. respectait ceux, qui voulaint être tranquilles, en n'autorisant que la radio à volume modéré derrière le comptoir, maintenant là aussi, de la musique boumboum à un volume, tel qu'il faut crier pour commander un café. Respecter ceux qui ne respectent pas les autres, c'est refuser le respect à ceux qui se comportent de manière civilisée! Refuser de faire suivre les règles, qu'eux-mêmes ils ont émis et de sanctionner ceux qui s'en moquent, qu'est-ce autre chose qu'une éthique de travail inexistante? Et, même si, probablement, il y a eu plusieurs raisons (dont, j'imagine, des directives insensées et contra-productives de ses supérieurs et du Ministère), je me demande, si M. a abandonné, n'est-ce pas, du moins en partie, car, dans ses efforts de créer un environnement viable pour tout le monde et non seulement pour des ivrognes, se comportant comme les "derniers cochons", elle manquait du soutien de ses collègues, qui, lorsqu'elle était encore là, intervenaient au moins partiellement pour remettre l'ordre, mais, pratiquement toujours, en se cachant derrière des phrases comme «M. a dit que...», «M. ne veut pas que...», «Mais attention, si M. le voit...»?

01.02.2020   Médias   J'ai découvert au début de semaine que la version "Luxemburger Wort" de mon plaidoyer pour la vie libre en dignité de tout le monde est maintenant aussi disponible (en entier et librement accessible) sur le site Internet de Pressreader.

17.12.2019   Médias   Mon article, publié dans le Luxemburger Wort du samedi, 14.12.19 sous le titre Sans dignité (La vie des sans-abri devient de plus en plus difficile) est maintenant aussi disponible en ligne sur le site Internet du Wort. À noter, cependant, que pour le lire en entier, il faut fournir une adresse email, peut-être même qu'il faut être un abonné du journal ou de leur service en ligne...

14.12.2019   Médias   19 destinataires (journaux, radios et TV), auxquels j'ai envoyé mon article; le premier (ou devrait-on dire un seul?) a répondu la semaine passé. Publication de Avant de mourir, rentrer dans mon pays durant juste une semaine... dans le Luxemburger Wort du samedi, 14 décembre 2019, dans la rubrique "Leserbriefe" (courrier de lecteurs), page 18 sous le titre: Sans dignité (La vie des sans-abri devient de plus en plus difficile). Très légèrement modifié (censuré?) par rapport à l'original, par contre avec une grande photo d'un sans-abri (anonyme), intitulée "Ce n'est pas gai d'être ridiculisé et insulté, sans avoir jamais rien fait de mal à personne, dit l'auteur du courrier de lecteur". Grand merci à tous ceux qui ont contribué à la publication. Et la moindre des choses qu'on peut dire, c'est qu'aussi longtemps que les gens ont encore le droit d'ouvertement et publiquement dire et divulguer leur opinion, l'espoir pour ce pays et ces citoyens (y compris les SDF) n'est pas perdu!

05.12.2019   Médias   Il y a des choses, dont on est convaincu, qu'on doit les faire et même s'il y a très peu de chances que cela change quoi que ce soit, il faut les faire quand-même, car si personne ne fait quelque chose, rien ne pourra jamais changer. Dépensé 25€ (une petite fortune pour quelqu'un, qui, s'il a de la chance, peut se permettre de manger un vrai repas chaud 2 ou 3 fois par mois) pour acheter des envelopes et des timbres et l'impression de mon article Avant de mourir, rentrer dans mon pays durant juste une semaine... et de l'envoyer aux journaux et radios/TV du pays, les priant de le publier/divulguer. Non pas un cri à l'aide personnel, mais un plaidoyer pour la dignité humaine, le respect devant l'être humain en tant qu'individu, la tolérance vis-à-vis de ceux, qui, pour une raison ou une autre, sont "différents", le sentiment humain, réellement présent autrefois et se perdant de plus en plus dans cette société uniquement pour les riches et les forts. Envyé mon article hier, maintenant à ceux, qu'on appelle parfois le 4e pouvoir dans les démocraties occidentales, de décider, quoi en faire...

01.12.2019   Streetwork   Début de la Wanteraktioun (action d'hiver) 2019/20. La Caritas, la Croix-Rouge et les autres vont une nouvelle fois faire de beaux discours, pour faire croire aux gens, qu'ils font tellement de bien pour aider les plus démunis du pays. Les médias vont répéter tout ce qu'ils racontent et les gens vont effectivement le croire, les uns, parce qu'ils le croient vraiment, les autres, afin d'avoir un prétexte pour fermer les yeux et laisser crever ceux, qui crèvent dans la rue. Pour moi personnellement, la Wanteraktioun n'a rien à faire avec de l'aide pour les sans-abri locaux en hiver, opinion, qui est appelée mes impressions ou même ma méchanceté par ceux qui travaillent dans les foyers sociaux; et là encore tout le monde, qui leur croit. Sans savoir de quoi ils parlent, sans jamais avoir vu à l'intérieur de tels endroits. Plus de 85% de ceux, qui profitent 4 mois de cette action, ne sont pas des résidents, beaucoup d'entre eux venant au Luxembourg juste pour y passer 4 mois de vacances "all inclusive". Les SDF d'ici s'y font régulièrement volés; beaucoup ont peur d'y passer la nuit. Si ces endroits sont vraiment pour les sans-abri, comment alors expliquer tous ces agents de sécurité, qui fouillent les clients avec un détecteur de métal, avant de les laisser entrer? Les responsables de la Wanteraktioun savent pourquoi ils le font, moi je le sais, ceux qui y sont allés, le savent. La presse ne veut rien en savoir et notre gouvernement et les directeurs des institutions sociales font tout pour que les gens honnêtes, qui doivent financer ce non-sens par leurs impôts, ne l'apprennent pas. Cela peut en effet sembler être mes toutes fausses impressions et ma méchanceté de vouloir nuire à ces institutions, mais je suis convaincu de ce que je dis (et s'il y avait des caméras dans ces locaux, tout le monde pourrait voir ce qui s'y passe réellement): Si l'on supprimait la Wanteraktioun et fermait des endroits comme "Le Courage" de la Caritas et cette soi-disant "Stëmm vun der Strooss", 95% de ceux, qui m'ont agressé, volé, cassé mes affaires ou tapé (et pas seulement moi, pas seulement d'autres SDF), ne seraient pas au pays! "Il est important d'être là pour tous les vendeurs de drogues et autres criminels, qui débarquent au pays et s'ils nous volent, c'est parce qu'ils voient la richesse des gens d'ici et veulent avoir tout cela, eux-aussi", le directeur de la Caritas m'a dit. Pas étonnant, que beaucoup de ceux, qui ont construit ce pays, doivent lutter pour vivre avec leurs petites pensions, pas étonnant que 1/6 de ceux, qui financent la vie de ces privilégiés, en allant travailler tous les jours, sont menacés par la pauvreté. Honteux, répugnant, inacceptable!

23.11.2019   Streetlife   Les meilleurs meurent toujours les premiers. Et George, le canadien à la barbe blanche, n'était pas seulement l'un des personnages les plus marquants et les plus connus de la vie dans la rue au Grand-duché, mais aussi l'un de ceux, qui méritent le plus de respect. Je n'ai jamais compris, comment on peut quitter un pays, où les gens vivent pour vivre tout en laissant chacun vivre sa vie et venir dans cette poubelle, où la valeur d'un être humain se mesure en euros et ceux, qui ne courent pas avec les autres moutons, sont jugés, condamnés, haïs. Il a fait ce choix et, sans aucun doute, il a eu ses raisons. George s'est donc installé au Luxembourg, y a travaillé bon nombre d'années et durant tout ce temps, où il vivait dans la rue, s'est engagé pour nous, notamment en tant que membre de la rédaction du magazine "Stëmm vun der Strooss". Et bien-sûr, il n'a jamais abandonné de suivre son occupation favorite, souvent en relation avec les gens de la rue aussi: la photographie. George a pris pas mal d'images de moi; malheureusement il ne me les a jamais envoyés. On peut le voir aussi dans un (peut-être plusieurs?) films et vidéos. Concernant la vie des SDF, une nouvelle fois.
S'il y a un sans-abri, qui était bien vu et respecté par tout le monde, alors c'était George. Peut-être parce que lui, il respectait les autres comme ils sont. Alors que la plupart des SDF les uns me ridiculisent, les autres m'appellent un fou, m'insultent ou, sans que j'aie jamais fait du mal à quiconque d'entre eux, cassent mes affaires, George m'a accepté dans ma différence, a accepté mon choix de vivre ma vie à ma façon, n'a jamais essayé de m'imposer ce que moi-même je juge pas bien ou mal pour moi. Toute la différence entre ceux qui travaillent dans les institutions sociales et ceux qui y sont clients. Peut-être toute la différence entre ceux, nés de l'autre côté de l'Atlantique et ceux qui vivent ici.
Après toutes ces années de travail régulier au Luxembourg, George a dû attendre 3 ans pour avoir un logement chez "Homing First". Il y habitait durant un an environ pour y mourir, suite à sa maladie pulmonaire, on m'a dit. Je me demande, comment il a passé cette année. Est-ce qu'il était content d'avoir enfin un vrai toit sur la tête? Ou est-ce qu'il était malheureux de ne plus avoir la force de vivre sa vie en tant qu'homme libre dans la rue? Lui seul pourrait donner une réponse à ces questions. Mais, il nous a quitté. Et avec lui, un autre morceau de ces attitudes et croyances, qui se font de plus en plus rares et qui finiront par disparaître entièrement: gentillesse, compassion, respect, humanité... On peut dire aussi: toutes ces belles choses, qui existaient dans le pays, où je suis né et que je voudrais tellement revivre juste pour quelques jours. Que ce monde et nos vies pourraient être différents, si plus de gens étaient juste un petit peu comme lui il a été!

31.03.2019   Streetwork   Fin de la Wanteraktioun (action d'hiver) 2018/19. Pour une bonne centaine de "socio-touristes", ayant passé des vacances all inclusive plus nombreux extras, payés par notre système social, le moment de se demander comment cela devrait continuer. Je pense qu'on peut dire que ces gens réagissent (majoritairement) selon la localisation de leur pays d'origine. Les russes et leurs voisins décideront de rester au Luxembourg, où, bourrés d'alcool et bruyants, ils prendront une bonne partie des places dans des institutions sociales telles "Streetwork Uewerstad". Les blacks se présenteront aux bureaux de la Caritas et de la Croix-Rouge pour demander le ticket d'avion de retour (peut-être pour revenir l'année prochaine). Et les arabes, ayant rencontré plein de "frères" ici et s'étant rendu compte que dans ce pays, des gens, qui ne respectent ni rien ni personne, peuvent obtenir tout ce qu'ils veulent, resterons en grande partie ici; ils apparaîtront durant la journée au "Courage", disant aux fils de pute résidents que leur place serait dehors et durant la nuit dans la rue, non pas parce qu'ils ne sauraient pas où dormir, mais pour vendre la drogue et entreprendre d'autres actions illégales et criminelles, qu'eux-mêmes, ils appellent "faire de l'argent"...

31.01.2019   Streetwork   "Streetwork Uewerstad" fermé aujourd'hui et demain; raison: les éducateurs sont en formation! De toutes les dates possibles, celui qui a dédidé de ce planning (l'un de ceux qui touchent un très gros salaires, sans être obligés de faire leur travail?) a choisi fin janvier / début février, chaque année la période la plus froide au Grand-duché de Luxembourg! Difficile à ne pas avoir l'impression que pour ces privilégiés sans aucun sens commun, sans aucun sens de responsabilité, sans aucune gêne, les sans-abri (et pas seulement eux!) ne sont que des déchets humains, avec qui ils peuvent faire ce qu'ils veulent...

12.12.2018   Streetwork   Dans le cadre du marché de Noël à Luxembourg-ville, "Streetwork Uewerstad" a organisé une distribution de soupe gratuite dans la grand-rue. Belle initiative et dans mes yeux un succès: les clients de leur centre, passant normalement la journée avec leurs bouteilles avaient la possibilité de faire quelque chose d'utile et en commun, et voyant leur enthousiasme à préparer le gulasch et les légumes tout comme à aider à la distribution, éprouvaient sans aucun doute de la satisfaction à la fin de cette journée. Par contre, déception et expérience négative du point de vue sentiments humains. Les gens profitaient de cette soupe, qu'ils ne devaient pas payer, en emmenaient même pour leurs collègues de bureau, mais plus que rares ceux qui montraient un minimum de compassion (ou de reconnaissance pour le repas) en faisant un petit don. "Si tout le monde avait juste donné 50 cents...", la responsable de "Streetwork Uewerstad" a déploré. Un rêve illusoire au Grand-duché de Luxembourg anno 2018!

01.12.2018   Streetwork   Début de la "Wanteraktioun" 2018/19. Avec des nouveaux règlements, il semble: Refus d'accès et à la possibilité d'y dormir et à celle d'y manger à tous ceux qui n'ont pas de papiers d'identités valides. Je ne sais pas qui a pris cette décision, ni pourquoi. Aucune relation avec une demande de places trop importante, les gens qui travaillent sur le terrain, m'ont dit. Publication de mes réflexions à ce sujet et concernant la "Wanteraktioun" en général prévue pour ???

14.10.2018   Société   Elections nationales au Grand-duché de Luxembourg. En 2018, on pourrait les décrire comme l'appel aux urnes des gens qui travaillent honnêtement pour élire un gouvernement, qui considère que la justice sociale consiste à distribuer les impôts, qu'ils paient, à ceux qui viennent ici, pour n'y jamais rien faire d'autre que crier "Donne-moi! Donne-moi!" du matin au soir, tout en trouvant plein de prétextes, pour refuser l'aide à ceux qui ont aidé à construire ce pays.

16.04.2018   Streetlife   Bernard est décédé cette nuit. Un peu comme il a vécu, d'un moment à l'autre. Au chemin vers les toilettes, il s'est effondré et plus relevé. Guère quelqu'un, qui a à faire avec le milieu SDF à Luxembourg, qui ne l'aurait pas connu. Quelqu'un, qui d'une part semblait incarner le sans-abri typique, à l'apparence un peu "sauvage", souvent plus ou moins bourré d'alcool et très bruyant dans ce cas, de l'autre un monsieur gentil, qui a vécu sa vie dans la rue sans jamais profiter du système social. Il était là pour ses amis, quand ils avaient besoin de lui et partageait avec eux le peu qu'il avait. Mais si j'avais toujours eu un grand respect pour lui, c'est avant tout parce qu'il n'avait rien de ceux qui vivent sur le dos de la société en criant "Donne-moi! Donne-moi!" du matin au soir. "Les meilleurs meurent toujours les premiers", une copine m'avait dit une fois. Et aussi longtemps que les gens croient et les médias répètent ce que la Caritas, la "Stëmm vun der Strooss" et les autres leurs racontent, des gens seront obligés à vivre, souffrir et mourrir dans les rues de ce riche pays!

24.01.2018   Internet   Le reportage "Ni des moins qu’un chien, ni des chiens", publié le 21 décembre 2017 dans le journal Le Jeudi, est maintenant disponible en tant que document PDF sur ce site.

21.12.2017   Médias   Publication du reportage "Ni des moins qu’un chien, ni des chiens" dans le journal hebdomadaire Le Jeudi. Le reportage est basé sur (et reprend bon nombre de citations de) mon article "Devoir renoncer à ma dignité humaine pour pouvoir me chauffer en hiver!?"

01.12.2017   Streetwork   Début de la Wanteraktioun (action d'hiver) 2017/18. Normalement durant jusqu'au 31.03, elle est organisée sous la tutelle du Ministère de la Famille, qui en dit que "le but est d’éviter que des personnes ne meurent d’hypothermie par périodes de grand froid". Sur le terrain, elle est confiée à trois associations: Inter-Actions (coordination), Croix-Rouge (foyer de midi à Bonnevoie) et Caritas (foyer de nuit au Findel). L'accueil et l'enregistrement des clients (avec un repas chaud servi le midi entre 12h00 et 14h30) se fait au 22 Dernier Sol à Bonnevoie.